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15 mai 2015

Les hommes hybrides - conférence

En Avril, j'ai donné une conférence à l'ENS de Lyon : "Les hommes hybrides - des chimphumains à Denisova".
On y parle d'expériences russes rigolotes mais pas très éthiques, de notre ancêtres qui batifolent avec d'autres espèces d'hominines, et des conséquences que ça a eu sur notre génome.


8 oct. 2014

Méta-évolution : L'évolution peut-elle créer de l'intelligent design ?

Sur ce blog, on n'hésite pas à faire dans le titre racoleur. Ah vous aviez déjà remarqué. Bon bon bon. La question est pourtant valable : l'évolution peut-elle spontanément créer un organisme capable de quitter l'évolution "à la Darwin" ? Autrement dit, pourrait-il exister un organisme capable de diriger/plannifier sa propre évolution, ou encore, capable de diriger celle d'autres organismes, sans passer par les forces évolutives telles que la sélection naturelle ?

Résumons le cahier des charges. Il s'agirait d'un organisme capable de :
1- prendre conscience de ses caractéristiques, de son phénotype ("tiens, je suis bleu").
2- imaginer ce que serait le meilleur phénotype dans un environnement donné, avec pas trop d'erreur ("mais en vrai, ce serait mieux que je sois jaune pour me cacher dans la savane")
3- modifier son phénotype tout seul comme un grand, et faire en sorte que cette modification se transmette à ses petits.

Bien sûr il faut que ces trois capacités apparaissent spontanément au cours de l'évolution, et soient maintenues par la suite. Hors de question d'invoquer l'intervention d'un barbu flottant dans le cosmos, c'est triché ;-)

Pas de Spaghetti Volant ni de Jésus-Raptor non plus. Désolé.

9 mai 2014

Flinguer la biodiversité, c’est bon pour la santé !



Lecteur, ne le nie pas, ce titre te choque. La diversité biologique -ou biodiversité- est un mot magique depuis qu’Edward O. Wilson l’a popularisé dans un compte rendu de colloque, et elle est généralement considérée comme quelque chose de positif.

La biodiversité, c’est BIEN. La perte de biodiversité, c’est MAL. La crise d’extinction majeure actuelle, c’est SUPER CACA.
Certes. Mais cher lecteur, ça te dirait de jouter un peu ?
Imaginons que je sois un promoteur immobilier sans scrupule, prêt à raser une forêt vierge pleine à craquer de gentils orangs-outans mignons pour construire une zone industrielle. Toi, lecteur, vas devoir me convaincre qu’il faut protéger la biodiversité avec des arguments béton (parce que sinon, je noie tout dedans. Dans le béton. HAHAA. Humour de promoteur, ‘Pouvez pas comprendre.). ALLEZ C’EST PARTI.

24 avr. 2014

Game of thrones et la pédagogie scientifique

Tywin Lannister est intrigué par le titre de l'article. Normal. C'est fait pour.

Les œuvres de fiction peuvent-elles être d’une quelconque utilité pratique pour la science ?


( Spoiler : Oui, carrément. Grave. A donf. )


Première bonne raison : la fiction peut aider la science elle-même.

1. La fiction comme bac à sable d’idées folles

Tous les lecteurs d’Isaac Asimov le savent et le récitent comme une comptine : la fiction précède bien souvent la science. Pourquoi Asimov ? Parce qu’il avait formulé les Trois Lois de la Robotique dans l'une de ses nouvelles de fiction avant que l’intelligence artificielle ne soit vraiment une discipline scientifique. (Wikipédia me souffle dans l’oreillette qu’un auteur tchèque lui aurait damé le pion pour l’apparition du premier robot  dans une œuvre littéraire.). L’exemple d’Asimov n’est pas anecdotique : on trouve aujourd’hui tout un tas d’exemples d’objets du quotidien qui ont été pensés bien avant par des auteurs, à une époque où ces objets n’étaient pas réalisables.

2 févr. 2014

Petite liste non exhaustive des adaptations biologiques de l'homme.

Car oui, l'homme évolue, même sans rayons gamma.


Une adaptation, en très simple et très court, c'est la réponse d'une population à un épisode de sélection au cours de son histoire évolutive. Les individus qui s'en sortent le mieux dans ce contexte de sélection vont faire plus de bébés que les autres, et quelques générations plus tard, cette population sera peuplée en grande partie par leur descendance. Les populations humaines ont fait face à tout un tas de pression de sélection depuis leur émergence, il y a de cela environ 200 000 ans, ce qui a conduit à de nombreuses adaptations (un scénario pour exemple en fin d'article).



Voici une brève liste de différentes adaptations biologiques dans certaines populations humaines. Dernière mise à jour : 2 févr.. 2014

27 janv. 2014

Le syndrome Christophe Colomb

ou aussi, "Notre incapacité chronique à reconnaître la part des autres espèces dans nos propres succès."

Mais c'est plus long comme titre. Et puis Christophe Colomb c'est un bon truc pour le référencement web. Article "rediffusion" de celui ci.
- "lol u peopl of 'murica, look at mah iphone5s suckerz"
- "oh no he haz such powerz, I must kneel n' shit lol"
Christophe Colomb, victorieux, touche le sol des Amériques après un voyage héroïque. Il va apporter la civilisation aux tribus incultes restées à l'âge de pierre. Cette gravure dont l'auteur est inconnu est représentative de la vision traditionnelle de la colonisation de l’Amérique : l'image de l'Européen instruit qui apporte la civilisation aux tribus sauvages est un classique de nos livres d'histoires.

Elle véhicule une classification hiérarchique des humains par le niveau de développement technologique : homme urbain > homme agriculteur >> primitifs chasseurs-cueilleurs. L'histoire de la colonisation se résume à la victoire logique de l'étape suivante de l'évolution -l'homme ingénieux "évolué" (notez bien les guillemets partout)- sur les états primitifs (les chasseurs-cueilleurs bouseux).

Pourtant, l'histoire de la conquête des Amériques par le niveau de "civilisation" est avant tout un gros fantasme.

19 janv. 2014

La conservation dans l’Anthropocène

Au delà de la solitude et de la fragilité

Rediffusion de cette traduction de l’article “Conservation in the Anthropocene, Beyond Solitude and Fragility“, Décembre 2012, par Peter Kareiva, Michelle Marvier, Robert Lalasz.



Par ses propres mesures, la conservation est en échec. La biodiversité sur Terre est en rapide déclin. 1 Nous continuons de perdre des forêts en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. 2 Il y a si peu de tigres et de grands singes sauvages qu’ils seront perdus pour toujours si les tendances actuelles continuent.3 Dit simplement, nous perdons beaucoup plus de lieux et d’espèces spéciales que nous en sauvons.

6 oct. 2013

Découvertes récentes en savane, épisode 1 : Les séismes des éléphants.


Le goût, le toucher, l’odorat, l’ouïe, la vue… les 5 sens que l’on apprend à l’école sont-ils les seuls sens qui existent dans la nature ? La réponse est non !
En effet, l’évolution a en effet produit de nombreux organes de perception dont les sens seraient indescriptibles pour nous, humains. Les poissons ont leur « ligne latérale » qui leur permet de sentir les subtils déplacements d’eau, les chauves-souris ont leur « écholochation », les oiseaux leur « magnétoreception »… et les éléphants ont la capacité de recevoir et d’envoyer des ondes sismiques pour communiquer entre eux.

7 juin 2013

Le mystère des termitières qui jouent de l'orgue

(je candidate avec ce titre au concours "Titres ésotériques et sandwichs jambon-beurre 2013")

Tout le monde a une vague idée de à quoi ressemble une termitière africaine : un dôme conique en terre qui jaillit des herbes hautes de la savane.Parfois même avec un arbre dessus, pourquoi pas, allez hop. Ah oui, et souvent il y a des guépards qui vivent dessus, et des touristes pour donner l'échelle (piles vendues séparément).

J'avais pas de photo avec un guépard, mais les buffles c'est bien aussi

Et les termites vivent dedans ce gros tas de terre, et voilà, rien de compliqué dans tout ça. Ami lecteur, tu me diras que "C'est juste des insectes qui font des tas de boues, c'est bon on peut aller regarder les lions maintenant ? En plus si ça se trouve elles ont mêmes pas internet dans leur monticule, tellement elles sont nazes"
Mais t'es un ouf, cher lecteur, si je puis me permettre.
Un méga-ouf, même.
Déjà tu te fourres l'appendice dans l'œil, et ce jusqu'au pylore, mais en plus tu rates quelque chose de funkyflex.
Car oui cher lecteur adoré-mignon-gnon-gnon, les termitières sont des chefs d'oeuvrrrrre de la naturrrre. Accroche toi à ton slipou, c'est tipar pour la visite guidée.

12 mai 2013

Avalanches sur la biosphère, épisode 2 : des avalanches dans la savane


Dans un épisode précédent, nous avions prophétisé l'existence d'un point de bascule pour la biosphère terrestre, à partir duquel les changements globaux se feront de façon plus rapide et deviendront irréversible. Aujourd'hui nous allons tenter de voir à une échelle plus fine si il peut exister des transitions catastrophique dans les écosystèmes, et essayer de comprendre les fondements "mécaniques" du phénomène. Et tant qu'a faire, essayer de prédire ces évènements qui pour l'instant étaient imprévisibles !



La brousse tigrée, un motif de région aride généré par des "avalanches"


23 avr. 2013

Pourquoi les zèbres ont-ils des rayures ?

Beaucoup de mammifères présentent des rayures ou des tâches contrastées sur le pelage dont les fonctions sont très diverses : beaucoup d'animaux utilisent ces motifs comme un camouflage : léopards, guépards. D'autres l'utilisent comme un signal "ne m’énerve pas, je ne suis pas d'humeur" à l'intention des prédateurs potentiels : c'est le cas des putois, ratels et autres blaireaux. Certains scientifiques ont postulé que les tâches des girafes pouvaient même servir pour dissiper plus efficacement la chaleur interne ou pour permettre aux individus de se reconnaître les uns des autres.

6 mars 2013

Mélanine et racisme scientifique

source
Chercher à justifier des opinions personnelles avec une argumentation scientifique peu rigoureuse, c'est maaal et contraire aux principes fondamentaux de la science. Mais c'est encore pire si il s'agit d'arguments racistes ! Par le passé, de nombreuses pseudos-sciences ont voulus prouver l'existence de différences d'intelligence entre les différentes populations humaines, et le 19ème siècle est plein d'exemples hallucinants de tentatives de ce types : les partisans de la craniométrie, de la physiognomie et de la phrénologie ont tenté de hiérarchiser les "races" humaines en fonction de la morphologies de leurs crânes, ou de détecter les criminels et les prostituées dès le berceau en mesurant la taille de leurs arcades sourcilières. [1]
 Bon, mais tout ça c'est du passé, le racisme en science c'est terminé... Pas du tout !
En juin 2012, J. Philippe Rushton et Donald I. Templer ont commis un odieux article intitulé "Do pigmentation and the melanocortin system modulate aggression and sexuality in humans as they do in other animals?".
C'est le moment de s'amuser un peu et de sortir l'artillerie lourde.

21 févr. 2013

Avalanches sur la biosphère, épisode 1 : plier les courbes


illustration de Bim

En juillet 2010, Johan Rockstrom tenait une conférence TED sur le futur du développement de l'espèce humaine et les pressions (ou forçages) que cette dernière impose à l'ensemble de la biosphère. A cette occasion il a dit une phrase qui m'a beaucoup marqué :
"Nous sommes peut être entrés dans la décennie la plus stimulante et excitante de l'histoire de l'humanité sur la planète, la décennie pendant laquelle nous devons faire plier les courbes."
("We may have entered the most challenging and exciting decade in the history of humanity on the planet, the decade when we have to bend the curves.")

13 févr. 2013

Cuir, Moustache et Mélanine

 Si je dis "Cuir, cuir moustache", vous me dites quoi ?

source : 5secondfilms


YMCA ? Pas loin, la bonne réponse était ...Testostérone ! C'était votre deuxième option ? Ça n'est même pas étonnant, tant nous avons associés l'idée de la moustache et du cuir à celle de la virilité, de la sexualité masculine, bref par extension ce qui différencie le mâle de la femelle... la testostérone donc. (Ne faites pas attention au biker au dessus ok?)

5 févr. 2013

[Dossier] La science pour les pauvres

illustration de Bim

"L'argent, l'argeeeent, l'argeeent !". Tel est le rut du chercheur, que l'on peut écouter dans les couloirs des organismes de recherche lors de la migration des ANRs. En effet, c'est le nerf de la guerre même et surtout dans la recherche scientifique. Il est vu comme un facteur important du succès d'un projet scientifique, et les universités les plus riches ne sont-elles pas celles qui produisent le plus d'articles scientifiques a impact majeur ?